42,195 km plus tard et je suis Marathonien !

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42,195 km plus tard et je suis Marathonien !

SUIVRE LE PLAN

Tout avait commencé par de longues semaines de séances d’entraînement rythmée par l’application FRÉQUENCE Running. Au programme de bonnes heures de souffrance pour aller chercher un objectif ambitieux sur cette première à Nantes. L’objectif était simple, du moins sur le papier, franchir la ligne d’arrivée en moins de 3h15. Pas si difficile que ça vous me direz pour quelqu’un qui courre quasiment tous les jours, mais la réalité était tout autre.

En tout onze semaines, 37 séances et une moyenne de 4h d’entrainement par semaine.

Les cinq premières, une mise en bouche, préparer le corps à souffrir

Footings, sorties longues, fractionnées et quelques petites dates, histoire de se confronter à la compétition sans prendre trop de risque de se blesser. J’enchaine les sorties à mesure que les jours passent, toutes plus dures les unes que les autres à l’approche de l’évènement principal.

Semaine six, petite frayeur, obligé d’interrompre momentanément le programme à cause d’une douleur à la cheville survenue deux semaines auparavant sur le Trail de Saint Jean de Monts. Plus de peur que de mal car la semaine d’après l’intensité des séances commençait à se corser, les allures imposées par l’application laissent des traces. Il faut composé avec car c’est dans la souffrance que l’on cultive les meilleurs résultats.

La suite du plan, d’une facilité déconcertante, je me surprend à supporter sur de longues durées des allures qui jusqu’à lors ne me seraient pas venues à l’esprit.

Le jour J approche et il faut être plus doux à présent. Le plus dur de l’entraînement est déjà fait. Au total plus de 80h et 526km de bitumes, de terrains techniques et exigeant afin de “préparer le corps à souffrir”.

 

“A CHACUN SA DISTANCE”

En ce week-end du 22 avril 2018, et sous une météo estivale, la ville de Nantes proposait plusieurs activités sportives. En tout 4 épreuves, les foulées de l’Éléphant (10km) la veille au soir ; le Semi, le Marathon et son Relais le lendemain. Plus de 17 000 coureurs sur l’ensemble des parcours, une affluence record encore jamais vu pour cette ville dans laquelle j’ai fait mes débuts en cours à pied.

A ma grande surprise, la présence d’Edouard sur la ligne de départ du Marathon, une possibilité qui n’avait jusqu’à lors été envisager que par Rémi et moi en suivant le programme FRÉQUENCE Running.

Oui c’est aujourd’hui, c’est aujourd’hui qu’il faut se transcender, s’accomplir, aller au bout des choses, voir les résultats de ces longues semaines de dures labeur, et récolter les fruits de ces heures d’entraînement.

 

DÉPASSEMENT DE SOI

Dès le coup de feu du starter, je sais que je vais finir cette course car je me suis déjà infliger cette horrible difficulté en solo l’été dernier. Je sais que je vais finir, mais par contre j’ignore en combien de temps. Vais-je atteindre mon objectif ? Vais-je remplir le contrat que je m’étais fixer ? Comment ça va se dérouler ? Vais-je supporter la douleur après le 30e km ? De nombreuses interrogations qui laisse planer le douter sur l’issue de cette épreuve.

Les premiers kilomètres furent déterminant, bien se placer, ne pas succomber à une allure trop active au risque de se griller dès le début. Je connais l’épreuve, même si c’est une première en officiel et je sais dès le début que je ferai cavalier seul, laissant mes compagnons à l’arrière. Gérer ma course, à mon rythme, juste à quelques mètres à l’avant du meneur 3h15.

L’objectif étant de ne pas le voir, ne pas subir sa foulée, ne pas être influencer par mon environnement. Rester devant, pour être sûr de franchir la ligne dans les temps souhaités. Restant devant, comme pour anticiper un éventuel retour du meneur ou de mes coéquipiers. Rester devant, pour se rassurer à l’idée qu’on est en forme pour réussir un exploit personnel.

Tout semblait bien se dérouler. Je suivais le plan à la lettre mais cette victoire personnelle fut le cas jusqu’au 36e km où je me fais rattraper par le meneur. La chaleur, la déshydratation rapide qu’elle entraînait et des crampes soudaines firent déclinées mon allure à petit feu. Pour moi, il s’agira de mon mur. Je dois désormais composer avec ceci. Je tente malgré moi de relancer la machine en vain. La douleur est trop grande, si grande qu’elle m’oblige à m’arrêter à plusieurs reprises sur le bord de la chaussée pour m’étirer. Dès cet instant, je sais que mon objectif ne sera pas atteint puisque mon corps me le refuse. Il s’agit désormais d’honorer une autre promesse que je m’étais faite, finir. Il ne pouvait en être autrement, j’avais fait trop de sacrifices pour baisser les bras aussi facilement. Peu importe la douleur, j’irai jusqu’au bout. Si pour cela il faudrait ramper, alors je le ferai. Je traînerai ce qui reste de cette carcasse jusqu’à la fin.

 

UNE EXPÉRIENCE EXCEPTIONNELLE

Il faut finir à tout prix, mais mon corps ne répond plus. Ce fut la triste qu’a connu Rémi au 32e km. C’est dans ce genre de situation qu’il faut être fort mentalement car le physique n’y est plus. La ferveur autour de moi, les bénévoles, le public, nos proches et ami(e)s (Matthieu, Adèle, Samuel, les parents de Rémi …) qui vivent la course aussi intensément que nous en se plaçant à des points stratégiques dans le but de nous insuffler un peu de force par leurs encouragements, ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux depuis le début de cette aventure, voilà ce sur quoi il faut que je m’accroche pour réussir à finir.

Le marathon est une expérience humaine exceptionnelle, tant par les foules qu’il rassemble dans le partage d’une même passion, tant par l’ambiance chaleureuse ou encore plus important notre entourage qui vit et respire la préparation de cette compétition jour après jour.

40e km, le formidable dispositif « décathlon à fond ton héros » me permet de savourer l’espace de 5 secondes un message vidéo enregistré par Adèle et diffuser sur grand écran. Je fond en larme tel un gamin de 5 ans tant la douleur que je supporte depuis 3km et le message sont fort. Il ne reste plus grand chose, 2195m. Je repense à toutes mes séances, le régime alimentaire drastique que je m’étais infligé, mon entourage et enfin ce petit message vidéo. Pour toutes ces raisons je me dois de finir.

 

UN BILAN POSITIF

Au départ de la course, en plus de mon objectif personnel, le compétiteur que je suis avait en ligne de mire le temps effectué deux semaines auparavant par notre compère Corentin au marathon de Paris. Mais la réalité de cette épreuve me fit comprendre dans quelle difficulté je m’étais engagé. On a beau être bien préparer, avoir fourni les efforts qu’il fallait à l’entrainement, mais sur un marathon la vraie difficulté c’est de finir, le reste passe en second plan. C’est ce mental sans faille qu’à put démontré Edouard en franchissant la ligne d’arrivée en 4h26:28.

3h28:48 pour ma part sur ce premier marathon officiel, de bonnes sensations quasi tout le long et des crampes sur la fin, de bonne augure pour la suite.

Comme l’a si bien dit Corentin, « 2018 sera l’année du Marathon ». Serte se n’est le cas que pour 3 d’entre nous, mais je suis certain que Rémi aura la force et la volonté de revenir plus force de cette expérience. Je crois en toi mon ami.

Ici vous trouverez l’ensemble du classement officiel de l’épreuve reine du jour : http://www.sportinnovation.fr/resultats/resultat_cr.php?crs=2759

 

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